performance

Les 3 SEULES choses à faire quand tu fais une erreur

Après avoir fait une erreur, on doute. Mais est-ce que ça aide vraiment ? Et si on prenait une attitude plus utile à la place ?

Quand tu commets une erreur, il n'y a que trois choses à faire :

  1. L'admettre. Si tu cherches à cacher ton erreur ou à rejeter la faute sur quelqu'un d'autre, t'essaies de protéger ton ego. Mais tout ce que tu vas gagner, c'est que les gens vont te détester.
    Il faut de la confiance en soi pour admettre ses erreurs, mais les gens te respectent et t'apprécient beaucoup plus.
  2. Apprendre. Apprendre de ses erreurs, c'est le meilleur moyen de progresser.
  3. Éviter de la reproduire. Si tu tournes dans un cycle sans fin où tu reproduis toujours les mêmes erreurs, il est temps de te poser des questions. Appelle-moi pour une consultation.

(J'ai rien inventé, c'est Paul "Bear" Bryant qui l'a dit.)

Vous remarquerez que parmi ces trois choses, il n'y a ni culpabiliser, ni pleurnicher.

Parce que ça ne sert à rien. Les erreurs, ça fait partie de la vie. Y a qu'une seule catégorie de personnes qui ne fait jamais d'erreurs, qui n'échoue jamais et qui peut échapper aux critiques : les personnes qui ne font jamais rien.


motivation

(Re)programmer son cerveau, c'est possible ?

Le cerveau, quelque-part, c'est une machine biologique. Alors qu'est-ce qui nous empêche de le reprogrammer ?

A la base de ta mémoire, il y a les neurones.

Ce sont eux qui te permettent de te rappeler ce que t'as mangé à midi, que la bataille de Marignan a eu lieu en 1515, que mercurochrome est le pansement des héros, que le mot galichon est la dernière crêpe du saladier qui ressemble à rien, mais aussi comment faire du vélo, conduire ta voiture ou faire tes lacets.

En un mot, ils sont la base biologique de tous tes souvenirs.

Mais ils sont aussi la base de ta personnalité et de tes habitudes, les bonnes comme les mauvaises.

Ton syndrome de l'imposteur, ta phobie, ta dépendance affective, ta tendance à l'autosabotage... Tout ça, à la base, ce sont juste tes milliards de neurones programmés à réagir d'une certaine façon.

Et pour comprendre comment te débarrasser de ce que tu n'aimes pas dans le fonctionnement de ton cerveau et changer tes habitudes, voire même ta personnalité, tu dois comprendre comment marchent tes neurones.

Les neurones n'ont pas de mémoire

On pourrait se dire que le cerveau fonctionne comme un ordinateur, qu'il stocke l'information dans ses composants : les cellules.

Mais non, ce ne sont pas les neurones qui stockent tes souvenirs, mais les connexions entre les neurones.

Plus deux neurones communiquent entre eux, et plus ils auront de facilité à communiquer à nouveau à l'avenir.

Concrètement, ça veut dire par exemple que quand t'apprends à danser la Tektonik pour la première fois, un certain circuit de neurones se met à s'activer.

Et la 2ème fois que tu vas pratiquer cette activité, ce même circuit s'activera à nouveau, de façon plus fluide et plus efficace que la première fois. C'est là que tu vas constater tes progrès.

C’est exactement comme si tu te traçais un chemin dans la jungle.

Welcome to the jungle

Imaginons que t'as une dépendance affective.

Pour t'assurer que ton ou ta pertenaire reste près de toi, jusque-là ton circuit neuronal qui s'active est celui qui fait que tu l'étouffes et qui produit justement ce qui te fait peur : ton ou ta partenaire s'éloigne.

Ton circuit neuronal est tout pourri. Mais voilà, comme le chemin est bien dégagé parce que tu y passes depuis des années, c'est facile de l'emprunter donc tu le prends à chaque fois.

Pour arriver à ta vraie destination, celle que tu veux vraiment atteindre, il va falloir emprunter un autre chemin. Le problème, c'est que ce chemin n'existe pas encore. Si tu veux l'emprunter, tu vas devoir sortir la machette et tailler dans la végétation.

Mais imagine que tu te forces à l'emprunter une fois. La deuxième fois, le chemin sera un peu dégagé et plus facile à emprunter.

Et si tu y passes 5 fois, 10 fois, 100 fois, au bout d'un moment, t'auras un joli chemin, puis une route, puis un autoroute bien large et bien dégagé.

A ce moment-là, le fait d'utiliser la nouvelle route ne te demandera pas plus d'effort cérébral que l'ancienne.

Les poésies de ton enfance sont encore dans ton cerveau

Pour autant, dans la jungle comme dans le cerveau, la mémoire ne s'efface jamais complètement.

Dans la forêt, il faudrait des années pour que la nature reprenne ses droits et que de nouveaux arbres poussent pour t'empêcher d'emprunter l'ancienne route.

Et dans le cerveau, c'est pareil. Même si t'as l'impression d'avoir oublié les poésies que t'as apprises par cœur à l'école, si tu devais les réapprendre aujourd'hui, ça te prendrait légèrement moins de temps que si tu partais de zéro.

Même si tu développes de nouveaux circuits qui te correspondent mieux, les anciens ne s'effacent jamais complètement.

C’est pour ça qu’on dit qu’il n’existe pas d’anciens alcooliques, d’anciens timides, etc. Il n’y a que des alcooliques qui ne boivent plus d’alcool, ou des timides qui n’hésitent plus à s’exprimer.

Mais même si on tient compte de cette limitation, reprogrammer son cerveau, c'est possible. J'irai pas jusqu'à dire que c'est facile, mais c'est plutôt simple : il "suffit" de te forcer pendant quelques temps à utiliser le comportement que tu veux rendre naturel chez toi.

Fake it until you make it! Comme on dit.

Le principe général, c’est que si tu veux devenir plus extravertie, alors agis comme une extravertie. Si tu veux guérir ta dépendance affective, agis comme quelqu’un d’indépendant, etc.

Avec cette méthode, des études de plus en plus nombreuses ont montré qu'il est possible de modifier jusqu’à sa personnalité, alors qu’il y a quelques années on croyait encore que c’était impossible.

Pour en savoir plus sur ces études et connaître tous les détails de cette méthode, j'expliquerai la démarche dans mes deux prochaines newsletters du mercredi. Ca sera comme un tuto, il n’y aura plus qu’à reproduire le même système pour l’appliquer à ta situation.

Donc si tu veux savoir comment modifier un comportement qui ne te convient pas chez toi, ou développer un certain trait de personnalité, inscris-toi.

Si tu rates cette occasion maintenant, sache que j’en ferai probablement une formation ou un atelier en ligne d’ici quelques mois, mais à ce moment-là ce sera un produit payant.


motivation

Vous réfléchissez trop ?

Si vous retardez le moment où vous allez vous lancer, voici deux idées qui remettront vos hésitations en perspective.

Que vous souhaitiez écrire un livre, vous lancer à votre compte ou tout plaquer pour devenir sosie d'Elvis, c'est pareil !

Regrets

Arrivés à la fin de leur vie, les vieillards ne regrettent presque jamais les erreurs qu'ils ont commises. Au contraire, ils regrettent les choses qu'ils n'ont pas faites.

Donc si vous voulez des regrets quand vous serez vieille, incontinente et qu'au lieu de vos céréales, vous avalerez un bol de médicaments au petit-déjeuner, alors continuez de reporter vos projets à l'infini.

Embrassez votre médiocrité, ce n'est qu'une étape

Le premier brouillon du livre que vous allez écrire sera nul. Votre première prestation client sera naze. Votre première scène comme sosie d'Elvis sera aussi pourrie que le karma de Vladimir Poutine.

Acceptez-le. C'est une étape nécessaire. Vous n'avez pas besoin d'être bourrée de talent pour commencer, mais vous avez besoin de commencer pour être bourrée de talent.

Je sais que l'échec, ça fait peur. Je sais que le jugement des autres sur vos premiers échecs, ça fait encore plus peur. Vous avez peut-être l'impression que vous ne pourrez jamais égaler les meilleurs. Que c'est trop tard. Que ce n'est pas raisonnable, etc.

Mais ça, et tous les autres obstacles mentaux qui vous empêchent de vous lancer, on va arranger ça. Un petit pas à la fois.

En attendant, le secret pour réussir, c'est de commencer avant d'être prête.

Enfin... Sauf si vous travaillez à la NASA.


incroyable

Se muscler juste par la pensée ?

Augmentez votre force musculaire, sans bouger le petit doigt. Littéralement.

La visualisation est une technique qui consiste à créer ou recréer une expérience dans son esprit, par l’imagination. Cette technique est utilisée par la plupart des sportifs de haut-niveau et il est prouvé qu’elle améliore leurs performances. Elle est aussi utilisée dans le domaine de la santé, notamment pour la rééducation des personnes victimes d’accidents vasculaires cérébraux.

Se visualiser en train de réussir un mouvement dans son esprit permet de mieux le réussir par la suite dans la réalité. Par exemple, un musicien qui s’imagine jouer un certain air au piano va mieux le jouer sur un vrai piano que s’il ne s’était pas entraîné en pensée.

Mais jusqu’où la visualisation peut-elle avoir un effet sur le corps ? Peut-elle le transformer au point d’augmenter sa masse musculaire ?

Expérience

En 1992, deux chercheurs ont réalisé une expérience pour déterminer l’effet de cette technique sur les muscles. Ils ont recruté 30 sujets, chez qui ils ont commencé par mesurer la force d’un muscle bien précis : le muscle abducteur de l’auriculaire gauche.

Ce muscle sert à retirer la prise du petit doigt en l’écartant vers l’arrière. C’est un muscle très peu sollicité dans la vie de tous les jours, et c’est justement pour cette raison que les chercheurs l’ont choisi pour leur expérience. Étant donné qu’on mobilise peu la force de ce muscle au quotidien, il est facile de générer et de mesurer d’éventuels changements, tant de force que de volume musculaire.

En tout cas, c’est plus facile qu’avec des muscles qu’on utilise tout le temps, comme les abdominaux par exemple.

Cette mesure de force musculaire du petit doigt, qui constituait la première étape de l’expérience, a permis aux chercheurs d'établir un point de référence pour une future comparaison après entraînement. Donc une fois la mesure de la force de ce muscle réalisée, les sujets ont été répartis au hasard en trois groupes :

  1. un groupe d’entraînement réel,
  2. un groupe d’entraînement en imagination
  3. et un groupe contrôle, sans entraînement.

Cette 2ème étape de l’expérience a duré quatre semaines, et chaque groupe avait une tâche différente à effectuer :

  1. Les sujets du premier groupe ont entraîné leur muscle au rythme de cinq sessions par semaine. Assis dans un fauteuil, leur bras gauche reposait sur une table, la main relâchée. Leur petit doigt était maintenu immobilisé et ils devaient essayer de le lever aussi fort que possible. Chaque session comportait 15 essais. Et chaque essai durait approximativement 10 secondes.
  2. Les sujets du 2ème groupe suivaient eux aussi un entraînement, avec un nombre exactement identique de sessions et d’essais. La seule différence, c’est que leur entraînement n’impliquait que leur imagination. Les chercheurs ont demandé aux sujets de ce groupe de conserver leur petit doigt détendu au maximum, tout en imaginant une contraction maximale dans leur esprit. La contraction de leur petit doigt était même mesurée pendant les essais, pour vérifier qu’il restait bien détendu.
  3. Les sujets du troisième groupe, le groupe contrôle, ne suivaient quant-à-eux aucun entraînement.

Effets de la visualisation sur le corps

Enfin, la 3ème et dernière phase de l’expérience consistait à mesurer à nouveau la force du muscle étudié, pour détecter les éventuels changements.

  1. Les membres du 1er groupe, ceux qui s’étaient entraînés réellement à mobiliser leur petit doigt, avaient gagné 30 % de force supplémentaire.
  2. Les membres du groupe d’entraînement par visualisation pure avaient gagné quant-à-eux 22 % de force supplémentaire.
  3. Et les membres du groupe contrôle, qui ne s’étaient pas entraînés, n’avaient gagné que 3,7 % de force supplémentaire.

En conclusion, le fait d’utiliser l’imagination pour se projeter en train d’effectuer un mouvement a un véritable effet, concret et mesurable, sur le corps. Le simple fait d'imaginer qu'on mobilise un muscle va le renforcer !

Et ce n’est pas tout, les chercheurs ont également mesuré la force du muscle abducteur de l’auriculaire de la main droite de chaque sujet, c’est à dire le même muscle que celui sur lequel portait l’entraînement de quatre semaines, mais sur l’autre main, celle qui n’avait pas été entraînée.

La force de ce muscle avait augmenté de 14 % pour le groupe entraîné physiquement, de 10,5 % pour le groupe entraîné en imagination, et seulement de 2,3 % pour le groupe contrôle.

La visualisation fait des miracles

En fait, le cerveau est même capable d’aller plus loin que ça. Au cours d’une étude utilisant la réalité virtuelle, des chercheurs ont permis à huit personnes paralysées de faire régresser leur handicap. Les patients étaient paraplégiques, c’est à dire paralysés des deux jambes suite à une lésion de la moelle épinière. Mais à force de se visualiser en train de marcher grâce à un avatar virtuel, de nouvelles liaisons nerveuses de sont formées et ces patients ont pu retrouver des sensations dans leurs membres paralysés et même un contrôle partiel de leurs jambes. Et ça, c’est une performance énorme, car jusqu’à il y a quelques années, on pensait que c’était impossible. Jusqu’à cette étude, personne n'avait observé la récupération de ces fonctions chez un patient 3 ans après un diagnostic de paralysie complète.

Et la gonflette, dans tout ça ?

Pour en revenir à l’étude sur le petit doigt, notez quand-même que si la visualisation a permis d’augmenter la force du muscle sur lequel portait l’entraînement, elle n’a par contre pas augmenté son volume musculaire. Le muscle actionnant l’auriculaire n’a pas grossi. L’esprit a bien un pouvoir sur le corps. Il peut le changer de façon permanente et mesurable. Mais son action a quand-même une limite. Donc si vous comptiez essayer de vous fabriquer un corps de rêve avec cette technique, ça ne va pas marcher.

Pour faire gonfler vos muscles, vous allez être obligé de transpirer.


choix

Intuition VS raison : qui gagne ?

Dans cet article, je vais vous prouver que vous pensez avec votre queue ! Et OUI, même si vous n’avez rien qui pendouille entre les jambes. Croyez-moi, ça va vous choquer. Mais pas pour les raisons auxquelles vous pensez !

Voici trois expériences qui vont remettre en cause tout ce que vous croyez sur la façon dont vous faites vos choix. Mais je vous préviens, cet article n’est pas pour les petites natures. Il pourrait bien vous mettre le cerveau tellement à l’envers que vous aurez du mal à vous en remettre.

Images subliminales

Il y a exactement 8 ans, je vous ai parlé d’une étude sur les images subliminales.

Dans cette étude, on projetait à des sujets des formes géométriques de façon extrêmement rapide. La forme était visible à l’écran pendant seulement 1 ms. C’était si rapide que les sujets étaient complètement incapables de dire quelles formes ils avaient vues.

Pourtant, une partie inconsciente de leur cerveau avait quand-même eu le temps de les voir. La preuve, c’est que dans la 2ème phase de l’expérience, on leur a présenté un assortiment de formes géométiques. Cette fois, ils avaient tout le temps qu’ils voulaient pour les voir. Parmi ces formes, il y avait celles qu’on leur avait projetées sous forme d’images subliminales dans la 1ère phase de l’expérience, mais il y avait aussi d’autres formes, qu’on ne leur avait pas montrées.

Les expérimentateurs ont demandé aux sujets de choisir les formes qu’ils préféraient. Et la majorité d’entre eux ont choisi l’une des formes qu’on leur avait projetées sous forme d’images subliminales.

Il y a plusieurs conclusions à tirer de cette étude. Mais pour cette vidéo, la seule qui m’intéresse, c’est que la préférence pour l’une ou l’autre des formes géométriques venait de raisons complètement inconscientes. Il n’y a pas besoin de faire intervenir la conscience pour prendre une décision.

Le jus d'orange mouchisé

Ensuite, dans ma vidéo sur la pensée magique, je vous ai parlé de Paul Rozin qui mettait des mouches dans des verres de jus d’orange avant de les proposer à ses sujets. Et sans surprise, personne ne voulait de son jus d’orange plein de mouches. Alors le chercheur leur demandait pourquoi, et les gens répondaient que les mouches c’est dégueulasse, ça mange du caca et c’est plein de microbes.

Alors Paul Rozin, pour faire disparaître ces objections, stérilisait les mouches avant de les mettre dans son jus d’orange. Ou alors il prenait des mouches en plastique bien nettoyées. Mais les gens refusaient quand-même son jus d’orange. Et quand on leur demandait pourquoi, ils n’avaient plus d’arguments. Mais ils refusaient quand-même de boire le jus d’orange. Même si ce n’était plus dangereux, ils trouvaient quand-même ça dégoûtant.

Donc là aussi, nous avons un exemple de décision qui est prise de façon totalement indépendante de la raison.

Vous croyez être rationnel.le ? Vous avez tort.

Voilà de quoi tirer deux premières balles dans le modèle rationaliste de la prise de décision. Ce modèle présuppose que nous prenons nos décisions après y avoir réfléchi, après avoir pesé les arguments pour et contre. Avouez-le, c’est ce que vous pensez, vous aussi. Vous êtes persuadé.e que vos choix sont basés sur des éléments rationnels.

Quand vous décidez d’acheter telle voiture plutôt qu’une autre, ou de voter pour tel candidat plutôt qu’un autre, c’est parce que vous y avez mûrement réfléchi, hein ? Parce que c’était le choix le plus rationnel... Eh bien je vais vous prouver en direct qu’au moins dans certains cas, vous prenez votre décision avant d’y réfléchir.

Julie et Mark Lannister

Julie et Mark sont frère et sœur. Ils voyagent ensemble en France pendant leurs vacances d'été à l'université. Une nuit, ils se retrouvent seuls dans une cabane près de la plage. Ils décident que cela serait intéressant et amusant d'essayer de faire l'amour. Au moins, cela constituerait une nouvelle expérience pour chacun d'eux. Julie prenait déjà la pilule contraceptive, mais Mark utilise également un préservatif, juste pour être prudent. Ils prennent tous les deux du plaisir à faire l'amour, mais décident de ne pas répéter l'expérience. Ils gardent cette nuit-là comme un secret spécial, ce qui les rapproche encore davantage l'un de l'autre.

Qu'en pensez-vous ? Était-il approprié pour Mark et Julie de faire l'amour ?

Vous êtes coincé.e sans argument...

Si vous êtes comme moi, et comme la plupart des sujets de l’étude que Jonathan Haidt a menée en 2001, vous pensez que non. Ce qu’ont fait Mark et Julie n’était absolument pas approprié.

Oui, mais pourquoi ?

  • Vous pensez peut-être aux problèmes de consanguinité ? Sauf que l’histoire précise bien que ce n’est pas possible puisque les frère et sœur ont prévu le coup et utilisé une double précaution contraceptive. Donc l’argument ne tient pas.
  • Vous pensez peut-être aussi aux dégâts émotionnels que ce genre d’acte peut provoquer. C’est clair, une relation entre frère et sœur, on se dit que ça laisse forcément des marques. Mais là aussi, l’histoire précise bien que ça leur a plu. Donc cette raison ne tient pas non plus…
  • Si vous pensez que c’est illégal, eh bien non. Pas en France.
  • Et si vous pensez que c’est dégoûtant, moi aussi. Mais ce n’est pas un argument non plus. Sinon, il y aurait plein d’autres actes privés que plein de monde trouve dégueu qui seraient interdits... Comme dire "au jour d’aujourd’hui" ou serrer la main d’Emmanuel Macron.

Vous l’aurez compris, malgré le fait qu’on soit tous d’accord pour affirmer que ce qu’ont fait Mark et Julie n’est pas très funky, il n’existe pas de raison rationnelle pour justifier notre jugement moral de cette situation.

Conclusion : nous avons tous émis un jugement moral sans y réfléchir. Nous avons fait le choix de penser que l’acte de ces frère et sœur est mal. Puis, ensuite, et seulement parce qu’on nous l’a demandé, on a fait l’effort d’y réfléchir. Et malgré l’absence d’arguments, on s’est accrochés à notre décision.

Objection !

Ça fait mal, de s’en rendre compte. On déteste se dire qu’on agit sans raison rationnelle. C’est très cartésien, comme réaction. Très occidental. C’est pour ça que je m’attends à quelques objections dans les commentaires. Plus vous avez envie de vous voir comme quelqu’un de rationnel, plus vous allez chercher à déployer des arguments pour le prouver. Mais là aussi… vous avez fait le choix de vous percevoir comme quelqu’un de rationnel en dépit des arguments que je vous ai présentés. Et, malgré tout, vous avez décidé de les ignorer pour continuer à croire ce que vous avez envie de croire…

Alors bien sûr, je ne suis pas en train de dire que toutes vos décisions sont irrationnelles. Heureusement, il existe plein d’exceptions. Tout ce que cette étude prouve, c’est qu’il existe au moins certains cas où vous ne réfléchissez pas avant de prendre votre décision. Et que faire intervenir le raisonnement n’est pas nécessaire pour prendre une décision.

Les publicitaires l’ont bien compris. En marketing, il existe une loi qui dit que les gens achètent avec l’émotion, puis justifient leur achat avec leur raison. Si vous achetez une Mercedes plutôt qu’une Dacia, soyez honnête, ce n’est pas pour le confort de conduite. Ce n’est pas pour la meilleure sécurité. Ce n’est pas pour la puissance du moteur. Ça, ce sont les raisons que vous vous donnez à vous-même pour justifier votre choix. La vraie raison, elle est émotionnelle. Vous voulez être le genre de personne qui conduit une Mercedes.

Pourquoi pensez-vous avec votre queue ?

Pour finir, mettons fin au suspens. Dans l’introduction de cette vidéo, je vous ai dit que vous pensez avec votre queue. C’est parce que l’article où Jonathan Haidt développe ses objections au modèle rationaliste s’appelle le chien émotionnel et sa queue rationnelle. Donc rien à voir avec ce que votre esprit mal tourné imaginait…


Citation du jour

« La vie est un brouillon qu'on ne peut pas remettre au propre. »

Thierry Tabary